Le 16 juillet 2025, la nouvelle loi sur les télécommunications et la radiodiffusion (LMTR) a été publiée au Journal officiel de la Fédération (DOF), marquant un changement significatif dans le cadre institutionnel et réglementaire du secteur.
Cette nouvelle loi s'inscrit dans le cadre des réformes constitutionnelles menées dans notre pays, qui visent à simplifier l'organisation institutionnelle en supprimant divers organes constitutionnels autonomes, tels que l'Institut fédéral des télécommunications (IFT), entre autres.
Nous présentons donc ci-après un résumé de la LMTR reprenant ses points les plus importants, afin d'expliquer les changements les plus significatifs en la matière, qui auront des répercussions sur tous les prestataires de services publics de télécommunications et de radiodiffusion de notre pays, ainsi que sur les personnes et les entreprises impliquées dans ce secteur.
La publication de cette nouvelle loi abroge l'ancienne loi fédérale sur les télécommunications et la radiodiffusion, en vigueur depuis 2014, et établit un nouveau cadre réglementaire qui redistribue les fonctions et les compétences qui relevaient auparavant de l'IFT entre trois autorités distinctes : l'Agence pour la transformation numérique et les télécommunications (ATDT), la Commission de régulation des télécommunications (CRT) et la Commission nationale antitrust (CNA).
Nouveaux organes directeurs :
La CRT est constituée en tant qu'organe décentralisé de l'ATDT, doté d'une autonomie technique et opérationnelle ; elle sera chargée de la réglementation, de la supervision et du développement ordonné des services de télécommunications et de radiodiffusion dans le pays. Elle sera composée d'un conseil plénier de cinq (5) commissaires, y compris son président, tous désignés par le chef de l'exécutif et confirmés par le Sénat. Contrairement à l'IFT, la CRT ne jouira pas d'une autonomie constitutionnelle.
Par ailleurs, l'ATDT sera chargée de concevoir et de mettre en œuvre les politiques publiques dans les domaines des satellites, de la radiodiffusion et des télécommunications. Elle aura notamment pour mission de promouvoir la connectivité sur l'ensemble du territoire, d'élaborer des stratégies de couverture universelle et de coordonner ses efforts avec les gouvernements des États et les municipalités afin d'élargir l'accès à ces services numériques.
Concessions et autorisations :
La nouvelle loi conserve, dans l'ensemble, le système de concessions et d'autorisations qui régissait auparavant la prestation des services publics de télécommunications et de radiodiffusion ; toutefois, le régime des autorisations est élargi grâce à l'introduction de nouvelles attestations d'enregistrement.
Infrastructure :
Les compétences en matière de déploiement des infrastructures sont renforcées : la CRT est désormais chargée de publier des lignes directrices relatives au réaménagement, au retrait ou à l'enfouissement des infrastructures de télécommunications, et elle est l'autorité compétente pour trancher les litiges entre concessionnaires en cas de désaccord sur le partage des infrastructures, en fixant les conditions techniques, tarifaires et opérationnelles.
De même, la CRT pourra vérifier les conditions des accords de partage d'infrastructures et, le cas échéant, prendre les mesures nécessaires pour que ce partage s'effectue dans des conditions non discriminatoires.
De même, si de nouvelles obligations sont imposées aux propriétaires d'infrastructures passives.
Droits des téléspectateurs et publicité :
En outre, la nouvelle loi élargit la liste des droits des téléspectateurs et des auditeurs, tout en renforçant les obligations réglementaires des prestataires de services de radiodiffusion télévisuelle et des stations de radio soumises à des restrictions.
Elle prévoit également des obligations et des sanctions en matière de publicité et de contenu pour les plateformes numériques qui diffusent de la propagande émanant de gouvernements étrangers sur notre territoire.
Concurrence économique :
En matière de concurrence économique, les compétences qui relevaient auparavant de l'IFT pour les secteurs des télécommunications et de la radiodiffusion sont transférées à la CNA, le nouvel organisme qui remplace la Commission fédérale de la concurrence économique (COFECE).
La CRT collaborera avec la CNA en émettant des avis techniques et conservera des compétences clés pour identifier et réglementer les acteurs économiques dominants, ainsi que pour approuver les tarifs applicables, superviser les interconnexions et adopter des mesures visant à favoriser la concurrence sur des marchés spécifiques et à lutter contre les pratiques imposant l'exclusivité.
Spectre radioélectrique :
La loi intègre désormais les nouvelles attestations d'enregistrement, qui sont des documents autorisant l'utilisation du spectre radioélectrique dans des cas spécifiques et n'impliquant pas d'exploitation commerciale directe. Ces attestations seront délivrées pour les licences de radioamateurs, les systèmes aéronautiques, les équipements utilisés lors d'événements spéciaux, culturels, sportifs ou similaires, ou les équipements nécessitant des droits d'émission et de réception de signaux associés à des systèmes satellitaires étrangers opérant sur le territoire national.
Cela dit, la CRT sera chargée de publier les lignes directrices régissant la délivrance de ces attestations, afin de permettre l'utilisation de certaines bandes du spectre radioélectrique dans le cadre de ce dispositif.
En ce qui concerne les concessions relatives au spectre radioélectrique à usage privé, il est prévu qu'elles puissent être octroyées de gré à gré, sous réserve de disponibilité, pour une durée maximale de 15 ans.
En matière de télévision par satellite, plusieurs modifications importantes sont apportées :
- La CRT pourra fixer les critères permettant de définir la réserve de l'État, qu'elle soit en espèces ou en nature.
- Une autorisation préalable de la CRT est requise pour le déplacement, la mise en orbite ou la désorbitation de satellites, le délai de réponse étant de 30 jours ouvrables.
- Il est obligatoire de disposer d'un plan d'urgence et d'informer la CRT en cas de défaillance ou de perte de satellites.
- La rémunération versée aux concessionnaires d'utilité sociale et publique est supprimée.
- Les concessionnaires de ressources orbitales doivent présenter un plan de remplacement avant d'entamer le dernier tiers de la durée de vie du satellite, ou dans les dix jours suivant la notification de la perte totale du satellite.
En outre, les concessions de bandes de fréquences et de ressources orbitales destinées à des fins expérimentales, à des essais de faisabilité technique ou économique, ainsi qu'aux communications diplomatiques sont supprimées.
Enfin, dans les demandes d'autorisation d'occupation et d'exploitation des ressources orbitales présentées par la partie intéressée, la présentation d'un plan de réduction des débris spatiaux est désormais exigée.
Système de vérification et d'inspection :
En matière de contrôles, la CRT est habilitée à superviser, contrôler et sanctionner à tout moment non seulement les titulaires d'autorisations et de concessions, mais aussi les titulaires d'enregistrements, les fournisseurs d'infrastructures passives, les contrevenants directement impliqués et les plateformes numériques.
De même, lorsque cela s'avère nécessaire, les autorités chargées de la sécurité devront accompagner les inspecteurs de la CRT afin de procéder aux inspections requises. En outre, la CRT pourra demander tout type d'informations et de documents, sans se limiter aux aspects techniques, opérationnels, d'infrastructure ou liés aux télécommunications et à la radiodiffusion, afin d'enrichir ses archives.
Régime de sanctions :
Comme indiqué précédemment, la LMTR a élargi la liste des personnes susceptibles d'être sanctionnées en cas d'infraction à la loi. De plus, le Bureau fédéral de la consommation (PROFECO) et le ministère de l'Intérieur sont habilités à infliger des sanctions pour violation de la LMTR, sous la forme d'un pourcentage directement prélevé sur les revenus des contrevenants.
En résumé, la CRT sera désormais habilitée à sanctionner les concessionnaires, les opérateurs agréés, les titulaires d'attestations d'enregistrement, les fournisseurs d'infrastructures passives, les personnes directement impliquées dans des infractions, ainsi que les plateformes numériques, qu'elles soient nationales ou étrangères.
De plus, la PROFECO pourra infliger des amendes allant de 0,01 % à 3 % du chiffre d'affaires du concessionnaire, de l'opérateur agréé ou de la personne en infraction qui porte atteinte aux droits des utilisateurs tels que définis dans la LMTR. Il s'agit là d'un changement important, car auparavant, la PROFECO s'appuyait sur sa propre loi pour infliger des amendes. Cela ouvre sans aucun doute la possibilité que la PROFECO puisse vous infliger une amende en vertu de la LMTR, de la loi fédérale sur la protection des consommateurs et de la loi sur l'infrastructure de la qualité.
Pour sa part, le ministère de l'Intérieur sera chargé de sanctionner tout manquement lié à la publicité ou à la propagande politique, idéologique, commerciale ou de toute autre nature émanant de gouvernements étrangers.
En ce qui concerne les montants et les pourcentages servant à déterminer les amendes, les pourcentages restent généralement les mêmes pour les différents cas d'infraction, mais un alinéa a été ajouté afin de reclasser les comportements illicites, de sorte que certains d'entre eux entraînent une amende plus élevée et qu'il ne soit plus possible de demander un simple avertissement.
En outre, une amende est notamment prévue en cas de non-déblocage des équipements de communication nécessaires à la réception des services de télécommunications.
Par ailleurs, les amendes sont considérablement alourdies si le contrevenant n'est pas en mesure de justifier de revenus.
Enfin, de nouveaux motifs de révocation des autorisations et des certificats sont ajoutés, et les sanctions en matière de concurrence économique sont supprimées.
Dispositions transitoires.
Enfin, la loi est entrée en vigueur le lendemain de sa publication, soit le 17 juillet 2025. Toutefois, l'IFT restera en fonction jusqu'à la constitution de l'assemblée plénière de la CRT. Une fois l'assemblée plénière de la CRT constituée, une période de suspension de 15 jours ouvrables sera mise en place pour toutes les démarches et procédures en cours ; cette suspension ne s'appliquera pas à l'exécution des obligations.
De même, tous les actes émis par l'IFT restent valides, mais toutes les autorisations d'utilisation du spectre accordées avant 2014 devront être mises en conformité avec le nouveau régime juridique dans un délai maximal d'un an, faute de quoi elles perdront leur validité. Par ailleurs, des dispositions spécifiques sont prévues pour la transition des concessionnaires à vocation sociale communautaire, autochtone et afro-mexicaine, qui devront se conformer aux nouvelles obligations sans que cela ne porte atteinte aux droits acquis antérieurement.
Si vous avez des questions ou des remarques à ce sujet, n'hésitez pas à nous contacter.


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