Thèses et jurisprudence/ Contentieux / parDaniel Majewski del Castillo, Cinthya González Vera, Zusel Soto Vilchis, José Alejandro Krause Marún, David Fernando Santos Mejía et Carla Itzel Rincón Guerrero.
Dans ce #VendrediDesThèses | 22 août 2025, l'hebdomadaire judiciaire a publié 63 nouveaux critères : 41 décisions jurisprudentielles et 22 thèses isolées.
Nous avons sélectionné pour vous les plus pertinents, qui ont été rendus par la Cour suprême de justice de la Nation et par les assemblées plénières régionales de circuit :
Résumés de thèses
Numéro d'enregistrement numérique : 2030989 / Thèse : 1a./J. 213/2025 (11e)
Jurisprudence de la Cour suprême de justice de la Nation
Le fait de ne pas progresser dans la garantie du droit d'accès à la justice, alors que la Constitution fédérale impose explicitement à l'un des pouvoirs de l'Union de prendre des mesures spécifiques à cette fin, constitue une violation du droit d'accès à la justice tant sur le plan qualitatif que sur celui de l'obligation d'optimisation.
Cette dimension qualitative et l'aspect de l'obligation d'optimisation du droit d'accès à la justice sont pleinement justiciables ; par conséquent, si la Constitution fédérale impose à un pouvoir de l'Union de prendre une mesure déterminée afin de faire progresser la garantie de ce droit et que ce pouvoir ne se conforme pas à cette obligation, il y a lieu de conclure qu'il commet une violation du droit fondamental en question. C'est ce qui s'est produit dans le cas du Congrès de l'Union concernant la réforme constitutionnelle en matière de justice quotidienne du 15 septembre 2017, où il a totalement manqué à son obligation d’adopter une législation unique en matière de procédure civile et familiale, ainsi que d’adapter les lois générales et fédérales qui le requièrent au principe de l’oralité et à la prévalence du fond sur la forme dans les procédures juridictionnelles, conformément aux articles 16, 17 et 73 de la Constitution.
Numéro d'enregistrement numérique : 2030997 / Thèse : 1a./J. 229/2025 (11e)
Jurisprudence de la Cour suprême de justice de la Nation
La norme relative à l'obligation d'information et au consentement éclairé revêt un caractère distinct et renforcé dans le cadre des interventions chirurgicales de confirmation du genre, compte tenu de la situation subjective du patient et des particularités de ce type d'interventions.
L'obligation d'information n'est pas remplie par la simple signature de formulaires de consentement, mais exige : (i) un processus de communication visant à examiner les conditions préexistantes, les motivations et l'importance de l'intervention chirurgicale pour l'identité du patient ; (ii) une diligence accrue, afin d'expliquer de manière complète et compréhensible les risques généraux et spécifiques, à l'exception de ceux qui sont inconnus de la science médicale ; et (iii) un éventail d'informations élargi couvrant les alternatives, le temps de récupération, les attentes réalistes, les soins postopératoires et, le cas échéant, la durée de vie des implants.
Numéro d'enregistrement numérique : 2030997 / Thèse : 1a./J. 229/2025 (11e)
Jurisprudence de la Cour suprême de justice de la Nation
L'article 305 de la loi fédérale sur les télécommunications et la radiodiffusion ne viole pas l'article 22 de la Constitution, car il ne prévoit pas une confiscation, mais une saisie liée à la commission d'une infraction administrative.
La première chambre estime que cette mesure a pour objectif d'empêcher la poursuite du comportement illicite, ainsi que de indemniser le Trésor public pour les droits non perçus en raison de l'utilisation abusive du spectre radioélectrique. En ce sens, l'hypothèse normative à l'examen ne constitue pas une confiscation de biens au sens interdit par l'article 22 de la Constitution, entendue comme l'appropriation violente par l'autorité de la totalité ou d'une partie significative du patrimoine d'une personne, sans contrepartie ni titre légitime. Il s'agit au contraire d'une confiscation, entendue comme la sanction administrative consistant en la perte des biens directement liés au comportement illicite.
Numéro d'enregistrement numérique : 2031011 / Thèse : 1a./J. 214/2025 (11e)
Jurisprudence de la Cour suprême de justice de la Nation
L'intérêt légitime collectif des associations civiles peut être établi en fonction du lien entre la nature diffuse ou collective du droit en cause et l'objet social de l'association plaignante.
Étant donné que les sociétés civiles constituent un moyen permettant à des personnes de se regrouper en vue d'atteindre un objectif déterminé, elles sont considérées comme des entités particulièrement bien placées pour assurer la protection de ce type de droits (pour autant que cette protection soit prévue dans leur objet social). Ainsi, pour évaluer l’intérêt légitime d’une société dans le cadre d’un recours en amparo (qu’elle présente comme collectif), il convient de partir de la nature du droit en cause et de la relation particulière que la société civile peut entretenir avec la dimension collective dudit droit (sa structure complexe, sa dimension sociale, son caractère de bien public ou toute autre caractéristique analogue).
Numéro d'enregistrement numérique : 2031013 / Thèse : 1a./J. 208/2025 (11e)
Jurisprudence de la Cour suprême de justice de la Nation
La procédure d'amparo permet effectivement d'examiner des actes qui, bien qu'ils puissent impliquer un empiètement sur les compétences des différents pouvoirs de l'État, ont des effets directs sur les droits fondamentaux d'une personne.
Bien que la Constitution fédérale prévoie des mécanismes spécifiques pour régler les conflits de compétence entre les pouvoirs – tels que le recours constitutionnel –, cela n’empêche pas que, dans le cadre d’un recours en amparo, soient examinés les effets concrets qu’une ingérence en matière de compétence produit dans la sphère juridique d’une personne. Si un acte tel qu’une décision législative rendue dans le cadre d’une procédure de destitution empiète sur des attributions réservées à un autre pouvoir et, par conséquent, porte directement atteinte à des droits fondamentaux, le contrôle constitutionnel est légitime et nécessaire. Cet examen ne dénature pas le recours en amparo ni ne le transforme en une voie permettant de contrôler les compétences de manière abstraite, mais répond au mandat de protection juridictionnelle effective et au principe pro persona, en garantissant qu'aucune autorité ne puisse empiéter sur des fonctions constitutionnelles sous le couvert d'un pouvoir formel et sans aucun contrôle judiciaire.
Numéro d'enregistrement numérique : 2031016 / Thèse : 1a./J. 180/2025 (11e)
Jurisprudence de la Cour suprême de justice de la Nation
Le préjudice causé par la violation du droit à la liberté d'expression, dans sa dimension collective, ne se limite pas à un groupe spécifique de la population, car il est conscient de la complexité qu'impliquerait la définition de qui sont les victimes indirectes et qui ne le sont pas.
La dimension collective implique également le droit de chacun à prendre connaissance des opinions, des récits et des informations diffusés par des tiers ; par conséquent, lorsque des crimes sont commis à l'encontre des médias, ces prérogatives collectives s'en trouvent affectées. Lorsqu'il y a atteinte à un individu, cela a également un impact sur la société et sur les autres personnes exerçant la même profession. Dans ce contexte, on ne peut considérer que le préjudice subi par la privation de la vie d’un journaliste n’affecte que le droit à la liberté d’expression d’un segment exclusif de la population, car cela reviendrait à exclure d’autres personnes qui auraient également pu être affectées dans un intérêt de même nature.
Numéro d'enregistrement numérique : 2031020 / Thèse : 1a./J. 212/2025 (11e)
Jurisprudence de la Cour suprême de justice de la Nation
L'exigence d'un intérêt juridique pour demander la nullité d'un brevet auprès de l'Institut mexicain de la propriété industrielle est constitutionnelle, car la décision rendue par cette autorité aura un effet direct sur la situation juridique du particulier qui en fait la demande.
En effet, l'exigence d'un intérêt juridique vise à garantir que la décision rendue par l'autorité administrative ait des effets concrets sur la situation juridique du requérant et à éviter les conflits de brevets injustifiés. En effet, compte tenu de l'impact considérable qu'entraîne la perte d'un brevet, tant pour son titulaire que pour l'industrie concernée, il est nécessaire que le demandeur de la nullité démontre de manière irréfutable et vérifiable un préjudice individuel lié au brevet dont il demande la nullité. Ce préjudice doit pouvoir être réparé par la délivrance d'une décision par l'autorité administrative chargée de la protection de la propriété industrielle.
Numéro d'enregistrement numérique : 2031009 / Thèse : II.2o.C.8 K (11a.)
Jurisprudence de la Cour suprême de justice de la Nation
Les outils d'intelligence artificielle peuvent être utilement employés dans le cadre des procédures judiciaires pour calculer le montant des cautions fixées dans les recours en amparo.
Le recours à des outils d'intelligence artificielle dans ces cas se justifie car il permet : a) de réduire les erreurs humaines dans ces calculs ; b) d'assurer la transparence et la traçabilité en exposant étape par étape la manière dont le résultat est obtenu ; c) d'assurer la cohérence et la normalisation des précédents et de la fixation des montants des garanties ; et d) d'améliorer l'efficacité de la procédure, en libérant du temps pour l'analyse de fond de l'affaire et en facilitant la motivation des décisions judiciaires.
Numéro d'enregistrement numérique : 2031044 / Thèse : PR.A.C.CS. J/30 K (11e)
Jurisprudence des assemblées plénières régionales de circuit
Les griefs invoqués dans le recours en réintégration du service d'électricité, en vertu desquels la suspension ne produira pas d'effets, ne peuvent être considérés comme sans effet au seul motif qu'ils ne portent pas atteinte à la bénéficiaire de la mesure.
Tout ce qui figure dans la décision relative à la suspension de l'acte contesté fera partie intégrante de cette mesure, ce qui implique que tant la décision d'octroi que les autres aspects tranchés ou précisés par le juge saisi de l'affaire ne peuvent être dissociés et, par conséquent, sont susceptibles d'affecter la partie à laquelle la mesure a été accordée. Si une personne estime que la décision rendue concernant la mesure conservatoire lui cause un préjudice, elle peut la contester en formant le recours correspondant, et ce qui a été exposé concernant l'atteinte alléguée en rapport avec l'un des éléments contenus dans ladite décision ne peut être considéré comme sans effet au seul motif qu'il n'affecte pas la bénéficiaire de la mesure.
Numéro d'enregistrement numérique : 2031039 / Thèse : 1a./J. 216/2025 (11e)
Jurisprudence de la Cour suprême de justice de la Nation
Les articles 351 et 352 du Code national de procédure pénale ne portent pas atteinte au droit d'être jugé dans un délai raisonnable, à condition que l'on considère que le délai d'interruption de l'audience de jugement, aux fins de sa reprise, doit être calculé en jours ouvrables.
Les règles de procédure contenues dans les dispositions contestées ne sont pas contraires au droit d'être jugé dans un délai raisonnable, car elles visent à éviter les interruptions et, ce faisant, à garantir les principes de continuité et de concentration. Toutefois, cette Première Chambre a estimé que l'analyse de l'article 351 précité devait être effectuée conjointement avec celle de l'article 352, car tous deux régissent la suspension et l'interruption de l'audience de jugement, laquelle doit se dérouler de manière continue conformément au principe de continuité (en relation avec les principes de publicité, d'immédiateté et de contradictoire) établi à l'article 20 de la Constitution fédérale.
Numéro d'enregistrement numérique : 2031038 / Thèse : 1a./J. 188/2025 (11e)
Jurisprudence de la Cour suprême de justice de la Nation
L'article 142, paragraphe II, de la loi sur les établissements de crédit, qui habilite les procureurs généraux des États fédérés à exiger des informations bancaires auprès des établissements financiers à des fins pénales, sans autorisation judiciaire, est inconstitutionnel car il porte atteinte au droit à la vie privée.
L'article 16, premier alinéa, de la Constitution politique des États-Unis mexicains protège le droit à la vie privée des personnes. Afin de préserver ce droit, dans le cadre des opérations et des services bancaires, le législateur a établi, à l'article 142, premier alinéa, de la loi sur les établissements de crédit, le « secret bancaire », qui empêche les autorités bancaires de fournir des informations, des données ou des documents concernant leurs clients ou utilisateurs. Toutefois, le paragraphe II du même article prévoit que les établissements bancaires peuvent communiquer ces informations lorsque les procureurs généraux des États de la Fédération et du District fédéral ou leurs adjoints en font la demande afin de vérifier l'existence d'un fait qualifié d'infraction par la loi et la responsabilité probable de l'inculpé, sans qu'il soit nécessaire, au préalable, qu'un juge autorise cette demande.
Numéro d'enregistrement numérique : 2031035 / Thèse : PR.A.C.CS. J/32 C (11e)
Jurisprudence des assemblées plénières régionales de circuit
Le juge de première instance, saisi du recours, n'est pas habilité à le rejeter ; il doit simplement le recevoir, le considérer comme formé et le transmettre à la juridiction supérieure.
Il ressort de l'interprétation systématique des articles 723 et 725 du code précité, qui régissent le recours en révision, que l'intervention du juge se limite à recevoir le recours, à le considérer comme formé et à le transmettre à la juridiction supérieure, accompagné de son rapport et des pièces du dossier ; en effet, s'agissant d'un recours vertical, c'est à cette juridiction supérieure qu'il appartient d'apprécier sa recevabilité.
Document rédigé par Daniel Majewski del Castillo, Cinthya González Vera, Zusel Soto Vilchis, José Alejandro Krause Marún, David Fernando Santos Mejía et Carla Itzel Rincón Guerrero.


