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Heure du Mexique

Obligations et responsabilité juridique des employeurs du secteur de la santé en cas d'urgence sanitaire


27 avril 2020 / COVID-19 / Santé

 

En raison de l'état d'urgence sanitaire lié à l'épidémie de maladie causée par le virus SARS-CoV-2 (ci-après « COVID-19 »), déclarée par le Conseil général de la santé et publiée au Journal officiel de la Fédération le lundi 30 mars dernier, les mesures que doivent appliquer les employeurs pour garantir la sécurité de l'ensemble du personnel médical travaillant dans un hôpital pendant cette situation d'urgence doivent être conformes aux dispositions de la législation mexicaine.

Un employeur s'expose à certains risques s'il oblige ou exige du personnel médical qu'il accomplisse les tâches pour lesquelles il a été engagé, alors qu'il ne lui fournit pas les équipements et instruments adéquats pour préserver la santé et l'intégrité tant du personnel médical que des patients.

 

Quelles sont les obligations de l'employeur envers ses salariés ?

Le règlement d'application de la loi générale sur la santé en matière de prestation de services de soins médicaux (ci-après dénommé «le règlement») stipule que les établissements dispensant des soins médicaux doivent se conformer aux dispositions des normes techniques applicables et disposer du matériel adéquat ainsi que d'un personnel suffisant et qualifié.

De même, la norme officielle mexicaine NOM-017-STPS-2008 stipule que les employeurs doivent analyser et identifier les risques professionnels auxquels sont exposés les travailleurs pour chaque poste et chaque zone du lieu de travail. L'employeur doit fournir aux travailleurs un équipement de protection individuelle répondant aux conditions suivantes :

  • réduire l'exposition du travailleur aux agents de risque ;
  • qu'il s'agisse, le cas échéant, d'un usage personnel ;
  • qu'il soit adapté aux caractéristiques physiques des travailleurs, et
  • Il doit comporter les indications, les instructions ou les procédures du fabricant concernant son utilisation, son contrôle, son remplacement, son nettoyage, ses limites, son entretien, sa conservation et son élimination finale.

 

Conformément à ce qui précède et compte tenu de la situation actuelle liée à l'urgence sanitaire, tous les établissements où sont dispensés des services de santé sont considérés comme des lieux présentant un risque professionnel extrêmement élevé ; les employeurs doivent donc fournir au personnel les équipements et le matériel suffisants et adaptés nécessaires pour atténuer le risque de contamination auquel il est exposé.

 

Le 31 mars 2020, l'accord établissant des mesures extraordinaires pour faire face à l'urgence sanitaire provoquée par la COVID-19 (ci-après dénommé « l'accord ») a été publié au Journal officiel de la Fédération. Cet accord prévoyait, entre autres mesures, le confinement strict à domicile de toute personne :

  • Âgé de plus de 60 ans ;
  • En cas de grossesse ou de période post-partum immédiate, et
  • En cas de diagnostic d'hypertension artérielle, de diabète sucré, de maladie cardiaque ou pulmonaire chronique, d'immunosuppression (acquise ou provoquée), d'insuffisance rénale ou hépatique, que votre activité professionnelle soit considérée comme essentielle ou non.

En conséquence, si l'un des employés de l'hôpital répond aux critères énoncés dans le présent accord, l'employeur est tenu de lui accorder le télétravail.

 

Quelles sont les sanctions auxquelles l'employeur s'expose ?

Si l'employeur ne respecte pas les dispositions réglementaires, il s'expose aux sanctions suivantes :

Sanction administrative

L'article 245 du règlement stipule que le responsable de tout établissement fournissant des services de soins médicaux sera passible d'une amende comprise entre deux cents et cinq cents unités de mesure et d'actualisation s'il ne dispose pas d'un personnel suffisant et qualifié, ni d'équipements, de matériel ou de locaux adaptés aux services fournis. En cas de récidive ou si les lacunes ne sont pas comblées, il sera procédé à une fermeture temporaire, qui deviendra définitive si, à la reprise du service, l'infraction persiste.

 

Responsabilité en matière de travail

Si l'employeur ne respecte pas les dispositions de la loi fédérale sur le travail relatives aux conditions de sécurité, de santé et d'environnement au travail, afin de prévenir les accidents et les maladies professionnelles, ou aux dispositions des normes officielles mexicaines émises par le ministère du Travail et de la Prévention sociale (ci-après dénommé « STPS »), il s'expose au risque qu'un travailleur dépose une plainte auprès du STPS, lequel, après inspection, pourra sanctionner l'employeur.

 

Quels sont les droits des médecins et du personnel de santé ?

Outre les droits des travailleurs déjà mentionnés dans la réglementation applicable, le ministère de la Santé, en collaboration avec la Commission nationale d'arbitrage médical, a défini les 10 droits fondamentaux des professionnels de santé :

  • Exercer sa profession en toute liberté, sans pression et dans des conditions d'égalité entre les professions.
  • Travailler dans des locaux adaptés et sûrs, garantissant la sécurité et l'intégrité tant sur le plan personnel que professionnel.
  • Disposer des ressources nécessaires pour s'acquitter au mieux de ses fonctions.
  • S'abstenir de garantir des résultats et de fournir des informations qui dépassent le cadre de ses compétences professionnelles et de ses fonctions.
  • Être traité avec dignité et respect par les patients et leurs proches, ainsi que par le personnel avec lequel il travaille, quel que soit son niveau hiérarchique.
  • Avoir accès à la formation continue dans des conditions d'égalité pour son développement personnel, ainsi qu'à des activités de recherche et d'enseignement en fonction de sa profession et de ses compétences.
  • Se regrouper librement pour défendre leurs intérêts professionnels.
  • Préserver votre réputation et vos intérêts professionnels.
  • Recevoir en temps voulu et dans son intégralité la rémunération due pour les services fournis.

Si l'employeur enfreint l'un des droits des professionnels de santé, l'employé peut s'adresser à la Commission nationale d'arbitrage médical afin de déposer une plainte pour faire valoir ses droits.