Par Miguel Gallardo Guerra

Parler d’open finance au Mexique, c’est encore aujourd’hui parler à la fois d’innovation et d’attente réglementaire. Depuis plusieurs années, le marché financier mexicain a identifié le potentiel des modèles fondés sur l’échange de données, l’interopérabilité, la personnalisation des produits et une concurrence accrue. Cependant, il est également vrai que la consolidation d'un écosystème d'open finance pleinement fonctionnel au Mexique dépend en grande partie d'une plus grande clarté normative et de règles opérationnelles suffisamment précises pour tous les acteurs, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre effective du modèle d'open finance prévu par la loi visant à réglementer les institutions de technologie financière (loi Fintech).
Le débat sur la réglementation des technologies financières au Mexique ne se limite plus à l'agrément de certaines entités ou à la réflexion sur de nouveaux modèles numériques. Aujourd'hui, l'accent est également mis sur la manière dont l'infrastructure juridique permettra de partager, de traiter et de protéger les informations financières de manière sécurisée, efficace et traçable. Dans ce contexte, l'open finance ne doit pas être considérée uniquement comme une tendance technologique, mais comme une évolution structurelle de la manière dont l'information circule au sein du système financier.
L'un des principaux défis du marché mexicain réside dans le fait que la promesse de l'open finance a trop longtemps coexisté avec un manque de clarté réglementaire important, dû en partie à la publication partielle et progressive des dispositions d'application par les autorités financières. Cela a contraint diverses entreprises à progresser à l'aide de montages contractuels, d'intégrations privées et de solutions technologiques qui, bien qu'elles offrent un certain degré de fonctionnalité, ne remplacent pas nécessairement les avantages d'un cadre général plus clair. Cette situation engendre des coûts de mise en œuvre, une incertitude juridique et, dans certains cas, des barrières à l'entrée pour les acteurs qui sont certes en mesure d'innover, mais pas de supporter une ambiguïté réglementaire prolongée.
D'un point de vue juridique, l'enjeu central ne réside pas uniquement dans la facilitation de l'échange d'informations. Il s'agit également de définir plus précisément les responsabilités des différents acteurs, les normes de sécurité applicables, la gouvernance des données, les mécanismes de consentement et les critères de surveillance. En d'autres termes, le développement de l'open finance au Mexique à l'horizon 2026 ne dépend pas seulement de la technologie, mais aussi d'une architecture réglementaire cohérente, coordonnée et applicable.
De plus, dans la mesure où le secteur financier devient de plus en plus tributaire de l'utilisation stratégique des données, le débat touche à d'autres questions tout aussi sensibles : la protection des consommateurs, la cybersécurité, la prévention de la fraude, la gestion des risques opérationnels et la qualité de l'information, ainsi que le respect de cadres réglementaires supplémentaires, tels que la réglementation en matière de protection des données à caractère personnel. C'est pourquoi l'évolution de l'open finance ne doit pas être considérée isolément, mais comme s'inscrivant dans un programme plus large de modernisation du système financier.
Pour les banques, les fintechs, les établissements de paiement, les agrégateurs et les fournisseurs de technologies, la situation actuelle exige à la fois prudence et préparation. Prudence, car toute innovation ne doit pas être mise en œuvre sans une évaluation minutieuse de son cadre réglementaire. Préparation, car les acteurs disposant des meilleures politiques de gouvernance des données, de contrats solides, de contrôles de sécurité et de processus internes documentés seront mieux placés pour s'adapter à mesure que le cadre applicable continuera d'évoluer.
Dans ce contexte, la véritable valeur stratégique ne réside pas dans l'attente passive d'une réglementation plus détaillée, mais dans l'anticipation de ses effets. Ceux qui travaillent dès aujourd'hui sur des modèles de données responsables, de traçabilité opérationnelle et de conformité dès la conception seront mieux à même de saisir les opportunités du marché lorsque la situation sera plus claire. Le débat sur l'open finance au Mexique ne porte donc plus sur la question de savoir si elle verra le jour ou non, mais sur les conditions juridiques et opérationnelles dans lesquelles elle finira par s'imposer, et sur le degré de préparation des acteurs à opérer dans ce cadre.

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